sources already in the passion of Malget.
Yun Lelf. will see that M. Depuis conclusion is that
Annam las
but
given Kothring Signetine
a that practically
is more closed.
Tham Li
Frety, the Country
Than Ever.
(Sol) Lyon
SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1876.
L'ÉCONOMISTE FRANÇAIS.
rait de celte province, au milieu de populations non-set- lement inoffensives, mais sympathiques, et de fonctionnaires dont de nombreux cadeaux fai conciliaient la bonne grâce. Arrivé au Yan-Nan, il y recut le meilleur accueil des mandarins, auxquels il fit voir sans peine dans l'ouverture du fleuve Rouge on moyen de remédier à la mauvaise situation que la guerre civile, d'une part, le défaut de débouchés, de Fautre, avaient faito à leur province. Le Yun-Não est resté jusqu'ici un pays pauvre, I produit cependant assez de vivres pour la nourriture de ses habi- tants, et ses vallées sont très-fertiles; mais, pour les articles industriels, tels que les tissus et les vêtements, il dépend tout à fait des provinces voisines, car on n'y récolte, pour ainsi dire, ni coton ni soie, mais, en échange des marchan- dises qu'il demande, Je Yan-Nan peut offrir, indépendaument de ses thés de qualité supérieure, les riches produits de son sous-sol, For, l'argent, le fer, le cuivre, le plomb, l'étain, le zinc, le mercure, la houille. Toutes ces richesses demeurent par malheur à peu près inexploitées, faute de moyens d'écoulement, les transports par la Chine elle-même étant d'une grande difficulté et d'une lenteur extrême. Le fleuve du Tong-Kin une fois ouvert à une navigation libre et régul- lière, c'est par centaines de millions qu'il faudrait chiffrer la valeur des produits qui prendraient cette voie, pour pénétrer en Chine ou pour en descendre à la mer.
Le moment paraissait d'ailleurs mal choisi pour une tentative de ce genre: la guerre civile était dans toute sa force, et on ne parlait de rien moins que d'abandonner la province aux musulmans. La commission du Mé-Kong y avait même couru un grand danger sans le savoir, celti d'être emprisonnée dans la ville d'Yun-Nän-Sèn, capitale da pasy, qu'elle venait à peine de quitter lorsque les insurgés l'investirent. M. Dupuis prit donc le parti de retourner à Han- Kéou et d'y attendre une heure plus propice, et pour la hater en tant qu'il dépendait de lui, il expédia aux troupes imperiales une grande quantité d'armes perfectionnées, parmi lesquelles des canons rayés de fabrique française, qu'accompagnaient des Européens chargés d'en enseigner lé maniement aux Chinois. Mais, en 1870, voyant que la guerre menaçait de s'éterniser, il n'y tint plus et gagna de nouveau le Yun-Nau par la voie du Yang Tse-Kiang, bien décidé cette fois à pousser à tout hasard jusqu'au fleuve Rouge.
Notre compatriote y retrouva les autorités dans les mêmes bonnes dispositions où il les avait laissées: elles lui don- nèrent des lettres de recommandation pour divers chels qu'il devait rencontrer en chemin, et, se dirigeant au sud-ouest, il se mit en route. A Tong-keou, le maréchal Ma, qui assiégeait cette ville, lui donna une escorte de treute hommes commandée par un mandarin militaire, auquel il adjoignit un inandarin civil, Arrivée à Mout-Ze, cette escorte refusa de le suivre plus loin, mais les auto rités lui en fournirent une seconde et il s'avanca resold- ment vers la haute vallée du Song-Koi, malgré les bruits peu encourageants qui circulaient sur les tribus indépen- dantes de cette vallée. Mais, près de franchir les bautes crêtes qui l'en séparaient, il fut de nouveau délaissé par son escorte, pen désireuse de s'engager dans une région que les habitants des plateaux tiennent pour être très-insa- lubre, et ce ne fut pas sans beaucoup de dangers, de ta- tigues et de privations de toutes sortes que le couragenx voyageur atteignit le Hong-Kiang, ou fleuve Rouge, nom que la grande artère fluviale du Tong-Kin porte en Chine ou sur le territoire des tribos indépendantes, et qu'il doit à la couleur de ses eaux. Il le descendit jusqu'à Kouen-Ce, premier poste amamite, et comme on ne l'aurait pas laissé le franchir, il dat borner là son exploration. Aussi bien pouvait-il considérer son but principal comme atteint: il avait, en effet, acquis la certitude qu'à partir du point où il était arrivé, le fleuve ne présentait pas d'obstacles à la navigation jusqu'à la mer. La voie nouvelle présentait sur celle de Bhâm l'avantage de pouvoir être utilisée de suite sans aucuns travaux; elle répondait aux besoins commer- ciaux, non-seulement des provinces chinoises de Yun-Nan, de Sze-Tchuen, de Kouci-Tcheou, de Kouang-Si, mais -encore da Tibet, du Laos, du Tong-Kin, et ouvrait de belles perspectives au commerce du monde entier, mais surtout à celui de la France.
De retour au fun-Nâu, l'intrépide explorateur y reçut des mandarins le meilleur accueil, et tous lui manifestèrent un vif désir de voir le fleuve Rouge s'ouvrir au commerce de leur province. Le royaume d'Angam étant tributaire du Céleste-Empire, les Chinois avaient déjà le privilége de commercer avec le Tong-Kin, et il semblait aux autorités de Yun-Nâu qu'elles étaient d'autant plus fondées à réclamer la libre circulation sur le Song-Koi, que ce cours d'eau y a
ses sources et sa vallée supérieure. Elles donnèrent done à M. Dupuis des pouvoirs en règle qui lui permettaient d'organiser une expédition, et grâce auxquels il espérait ve- nie à bout de sa tâche sans trop de peine. Il fallait bien envisager cependant l'hypothèse où les Annamites lui re- fuseraient obstinément un libre passage et où il faudrait recourir à la force pour se le frayer. Mais cetto perspective laissait M. Dupuis sans grande inquietude. Les renseigne- ments qu'il avait recueillis durant ses excursions parmi les tribus sauvages du Tong-Kin nord occidental ne lui avaient pas communiqué une haute idée du courage des Annamites. Voyez, lui avait dit un des chefs montagnards, voyez mes » homines; ils n'ont que des lances, et cependant une > centaine d'eux font fuir un millier d'Annamites. Ils fuient » à toutes jambes et ce n'est qu'en embuscade qu'il offrent quelque résistance. » Ce dire avait bien paru à M. Da- puis quelque peu vantard; mais il avait eu depuis l'occa sion de le contrôler, et il en avait reconnu toute l'exacti- lude.
Avant de se lancer dans son entreprise, il jugea opportun de se rendre en France, et c'est là que nous le retrouvons eu 1872. Il avoue sans détour que les personnes auxquelles il s'ouvrit de ses projets lui tinrent un langage tres-découra- geant. Elles lui dépeignaient avec force la mauvaise foi et la cruauté bien connues des mandarins annamites; elles lui représentaient le Tong-Kin en proie à la guerre civile, le pays très-montagneux, le fleuve très-encaissé et la facilité avec laquelle on pouvait en intercepter la navigation, ainsi que les Chinois l'avaient fait jadis pour le Pei-Ho; elles lui ontraient enfin son einbouchure occupée par des troupes de pirates, bien décidés à n'y laisser pénétrer personne. Le propre des convictions robustes est d'avoir réponse à tout, et aucune objection n'était capable de refroidir l'ar- deur de M. Dupuis, son enthousiasme même : « Voyez, » répliquait-il, ce que les Anglais savent faire dans des
• circonstances moins favorables que les miennes; il fant » de la persévérance, un peu d'énergie, et c'est tout. Il était très-désireux néanmoins de se concilier l'appui, au moins moral, de son pays; et c'est à cette fin qu'il fit des dé- marchies près du ministère de la marine. L'accneil qu'il en reçut fat, il le reconnait, des plus bienveillants; mais on ne lui cacha point que, dans les circonstances actuelles, la France ne pouvait faire que des veux pour son succes. On ferait officicusement pour lui tout ce qu'on pourrait, mais sans s'engager. C'était à lui de se frayer un passage à sos risques et périls, et si un sort funeste devait mal- heureusement lui échoir, oa n'interviendrait pas pour venger sa mort ou celle de ses compagnons.
Le 14 avril 1872, M. Dupuis quittait la France, ot, le 15 mai suivant, il prenait terre à Saigon, où le général d'Arbaud, gouverneur par intérim, le recut fort bien, et d'où il repartit bientôt pour se rendre à Shang-Hai et y procéder aux derniers préparatifs de son expédition. Revenu à Saigon, le 12 septembre, il y anodifia ses in- tentions premières qui avaient été d'abord de se faire con- duire à Hae, capitale de l'Annam, sous la protection du pavillon français, et il prit le parti de gagner directement avec ses gens, le goile du Tong-Kin. Il fut toutefois con- venu entre lui et le gouverneur qu'un vapeur francais croiserait, à tout événement, dans les parages de Hai-Phong, où l'expédition devait rallier. Elle se composait de deux canonnières à vapeur, d'une chaloupe à vapeur, d'une grande jonque, auxquelles un bateau à roues s'adjoignit plus tard, et que montaient 150 hommes, dont 25 Européens et le restant Malais, Chinois, Manillais. Pour l'équiper et pour Farmer, M. Dupuis avait dù engager toute sa fortune et faire, à part une certaine somme qui fut versée entre ses mains par les autorités de Yun-tan, Lous les premiers frais de l'entreprise. Mais une convention en règle lui as surait 10,000 piculs d'étain, calculés à forfait sur le picd de 100 francs chacun; il devait, en outre, vendre pour le compte des mandarins et à valoir sur ses propres dépenses, 12,000 autres piculs de cuivre; on lui promettait enfin une large part dans l'exploitation des mines; le tout, en somme, constituant des conditions tris-avantageuses, comme il en convient lui-même.
Le 8 novembre 1872, l'expédition mouillait près de llaï- Phong, et y trouvait l'aviso le Bourayne, commandant Senez, que le général d'Arbaud, lidèle à sa promesse, avait dépêché Pour lui faciliter l'entrée du Song-Koi. Le delta de ce fleuve est uu immense dépôt d'alluvions formées par les détritus qu'il entraîne à l'époque de ses hautes eaux, et le littoral est si bas qu'il est très-difficile d'en reconnaître les bouches, outre que de nombreux hauts-fonds rendent cette opéra- tion périlleuse. M. Dupuis l'éprouva lui-même, ca essayant de pénétrer tour à tour par celles de ces bouches qui por-
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Yun Lelf. will see that M. Depuis conclusion is that
Annam las
but
given Kothring Signetine
a that practically
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Tham Li
Frety, the Country
Than Ever.
(Sol) Lyon
SAMEDI 2 DÉCEMBRE 1876.
L'ÉCONOMISTE FRANÇAIS.
rait de celte province, au milieu de populations non-set- lement inoffensives, mais sympathiques, et de fonctionnaires dont de nombreux cadeaux fai conciliaient la bonne grâce. Arrivé au Yan-Nan, il y recut le meilleur accueil des mandarins, auxquels il fit voir sans peine dans l'ouverture du fleuve Rouge on moyen de remédier à la mauvaise situation que la guerre civile, d'une part, le défaut de débouchés, de Fautre, avaient faito à leur province. Le Yun-Não est resté jusqu'ici un pays pauvre, I produit cependant assez de vivres pour la nourriture de ses habi- tants, et ses vallées sont très-fertiles; mais, pour les articles industriels, tels que les tissus et les vêtements, il dépend tout à fait des provinces voisines, car on n'y récolte, pour ainsi dire, ni coton ni soie, mais, en échange des marchan- dises qu'il demande, Je Yan-Nan peut offrir, indépendaument de ses thés de qualité supérieure, les riches produits de son sous-sol, For, l'argent, le fer, le cuivre, le plomb, l'étain, le zinc, le mercure, la houille. Toutes ces richesses demeurent par malheur à peu près inexploitées, faute de moyens d'écoulement, les transports par la Chine elle-même étant d'une grande difficulté et d'une lenteur extrême. Le fleuve du Tong-Kin une fois ouvert à une navigation libre et régul- lière, c'est par centaines de millions qu'il faudrait chiffrer la valeur des produits qui prendraient cette voie, pour pénétrer en Chine ou pour en descendre à la mer.
Le moment paraissait d'ailleurs mal choisi pour une tentative de ce genre: la guerre civile était dans toute sa force, et on ne parlait de rien moins que d'abandonner la province aux musulmans. La commission du Mé-Kong y avait même couru un grand danger sans le savoir, celti d'être emprisonnée dans la ville d'Yun-Nän-Sèn, capitale da pasy, qu'elle venait à peine de quitter lorsque les insurgés l'investirent. M. Dupuis prit donc le parti de retourner à Han- Kéou et d'y attendre une heure plus propice, et pour la hater en tant qu'il dépendait de lui, il expédia aux troupes imperiales une grande quantité d'armes perfectionnées, parmi lesquelles des canons rayés de fabrique française, qu'accompagnaient des Européens chargés d'en enseigner lé maniement aux Chinois. Mais, en 1870, voyant que la guerre menaçait de s'éterniser, il n'y tint plus et gagna de nouveau le Yun-Nau par la voie du Yang Tse-Kiang, bien décidé cette fois à pousser à tout hasard jusqu'au fleuve Rouge.
Notre compatriote y retrouva les autorités dans les mêmes bonnes dispositions où il les avait laissées: elles lui don- nèrent des lettres de recommandation pour divers chels qu'il devait rencontrer en chemin, et, se dirigeant au sud-ouest, il se mit en route. A Tong-keou, le maréchal Ma, qui assiégeait cette ville, lui donna une escorte de treute hommes commandée par un mandarin militaire, auquel il adjoignit un inandarin civil, Arrivée à Mout-Ze, cette escorte refusa de le suivre plus loin, mais les auto rités lui en fournirent une seconde et il s'avanca resold- ment vers la haute vallée du Song-Koi, malgré les bruits peu encourageants qui circulaient sur les tribus indépen- dantes de cette vallée. Mais, près de franchir les bautes crêtes qui l'en séparaient, il fut de nouveau délaissé par son escorte, pen désireuse de s'engager dans une région que les habitants des plateaux tiennent pour être très-insa- lubre, et ce ne fut pas sans beaucoup de dangers, de ta- tigues et de privations de toutes sortes que le couragenx voyageur atteignit le Hong-Kiang, ou fleuve Rouge, nom que la grande artère fluviale du Tong-Kin porte en Chine ou sur le territoire des tribos indépendantes, et qu'il doit à la couleur de ses eaux. Il le descendit jusqu'à Kouen-Ce, premier poste amamite, et comme on ne l'aurait pas laissé le franchir, il dat borner là son exploration. Aussi bien pouvait-il considérer son but principal comme atteint: il avait, en effet, acquis la certitude qu'à partir du point où il était arrivé, le fleuve ne présentait pas d'obstacles à la navigation jusqu'à la mer. La voie nouvelle présentait sur celle de Bhâm l'avantage de pouvoir être utilisée de suite sans aucuns travaux; elle répondait aux besoins commer- ciaux, non-seulement des provinces chinoises de Yun-Nan, de Sze-Tchuen, de Kouci-Tcheou, de Kouang-Si, mais -encore da Tibet, du Laos, du Tong-Kin, et ouvrait de belles perspectives au commerce du monde entier, mais surtout à celui de la France.
De retour au fun-Nâu, l'intrépide explorateur y reçut des mandarins le meilleur accueil, et tous lui manifestèrent un vif désir de voir le fleuve Rouge s'ouvrir au commerce de leur province. Le royaume d'Angam étant tributaire du Céleste-Empire, les Chinois avaient déjà le privilége de commercer avec le Tong-Kin, et il semblait aux autorités de Yun-Nâu qu'elles étaient d'autant plus fondées à réclamer la libre circulation sur le Song-Koi, que ce cours d'eau y a
ses sources et sa vallée supérieure. Elles donnèrent done à M. Dupuis des pouvoirs en règle qui lui permettaient d'organiser une expédition, et grâce auxquels il espérait ve- nie à bout de sa tâche sans trop de peine. Il fallait bien envisager cependant l'hypothèse où les Annamites lui re- fuseraient obstinément un libre passage et où il faudrait recourir à la force pour se le frayer. Mais cetto perspective laissait M. Dupuis sans grande inquietude. Les renseigne- ments qu'il avait recueillis durant ses excursions parmi les tribus sauvages du Tong-Kin nord occidental ne lui avaient pas communiqué une haute idée du courage des Annamites. Voyez, lui avait dit un des chefs montagnards, voyez mes » homines; ils n'ont que des lances, et cependant une > centaine d'eux font fuir un millier d'Annamites. Ils fuient » à toutes jambes et ce n'est qu'en embuscade qu'il offrent quelque résistance. » Ce dire avait bien paru à M. Da- puis quelque peu vantard; mais il avait eu depuis l'occa sion de le contrôler, et il en avait reconnu toute l'exacti- lude.
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Avant de se lancer dans son entreprise, il jugea opportun de se rendre en France, et c'est là que nous le retrouvons eu 1872. Il avoue sans détour que les personnes auxquelles il s'ouvrit de ses projets lui tinirent un langage tres-découra- geant. Elles lui dépeignaient avec force la mauvaise foi et la cruauté bien connues des mandarins annamites; elles lui représentaient le Tong-Kin en proie à la guerre civile, le pays très-montagneux, le fleuve très-encaissé et la facilité avec laquelle on pouvait en intercepter la navigation, ainsi que les Chinois l'avaient fait jadis pour le Pei-Ho; elles lui ontraient enfin son einbouchure occupée par des troupes de pirates, bien décidés à n'y laisser pénétrer personne. Le propre des convictions robustes est d'avoir réponse à tout, et aucune objection n'était capable de refroidir l'ar- deur de M. Dupuis, son enthousiasme même : « Voyez, » répliquait-il, ce que les Anglais savent faire dans des
• circonstances moins favorables que les miennes; il fant » de la persévérance, un peu d'énergie, et c'est tout. Il était très-désireux néanmoins de se concilier l'appui, au moins moral, de son pays; et c'est à cette fin qu'il fit des dé- marchies près du ministère de la marine. L'accneil qu'il en reçut fat, il le reconnait, des plus bienveillants; mais on ne lui cacha point que, dans les circonstances actuelles, la France ne pouvait faire que des veux pour son succes. On ferait officicusement pour lui tout ce qu'on pourrait, mais sans s'engager. C'était à lui de se frayer un passage à sos risques et périls, et si un sort funeste devait mal- heureusement lui échoir, oa n'interviendrait pas pour venger sa mort ou celle de ses compagnons.
Le 14 avril 1872, M. Dupuis quitait la France, ot, le 15 mai suivant, il prenait terre à Saigon, où le général d'Arbaud, gouverneur par intérin, le recut fort bien, et d'où il repartit bientôt pour se rendre à Shang-Hai et y procéder aux derniers préparatifs de son expédition. Revenu à Saigon, le 12 septembre, il y anodifia ses in- tentions premières qui avaient été d'abord de se faire con- duire à Hae, capitale de l'Annam, sous la protection du pavillon français, et il prit le parti de gagner directement avec ses gens, le goile du Tong-Kin. Il fut toutefois con- venu entre lui et le gouverneur qu'un vapeur francais croiserait, à tout événement, dans les parages de Hai-Phong, où l'expédition devait rallier. Elle se composait de deux canonnières à vapeur, d'une chaloupe à vapeur, d'une grande jonque, auxquelles un bateau à roues s'adjoignit plus tard, et que montaient 150 hommes, dont 25 Européens et le restant Malais, Chinois, Manillais. Pour l'équiper et pour Farmer, M. Dupuis avait dù engager toute sa fortune et faire, à part une certaine somme qui fut versée entre ses mains par les autorités de Yun-tan, Lous les premiers frais de l'entreprise. Mais une convention en règle lui as surait 10,000 piculs d'étain, calculés à forfait sur le picd de 100 francs chacun; il devait, en outre, vendre pour le compte des mandarins et à valoir sur ses propres dépenses, 12,000 autres piculs de cuivre; on lui promettait enfin une large part dans l'exploitation des mines; le tout, en somme, constituant des conditions tris-avantageuses, comme il en convient lui-même.
Le 8 novembre 1872, l'expédition mouillait près de llaï- Phong, et y trouvait l'aviso le Bourayne, commandant Senez, que le général d'Arbaud, lidèle à sa promesse, avait dépêché Pour lui faciliter l'entrée du Song-Koi. Le delta de ce fleuve est uu immense dépôt d'alluvions formées par les détritus qu'il entraîne à l'époque de ses hautes eaux, et le littoral est si bas qu'il est très-difficile d'en reconnaître les bouches, outre que de nombreux hauts-fonds rendent cette opéra- tion périlleuse. M. Dupuis l'éprouva lui-même, ca essayant de pénétrer tour à tour par celles de ces bouches qui por-
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